Éducation à l’égalité des genres

Dans la vie quotidienne, les idées et les comportements sont porteurs d’inégalités entre les hommes et les femmes. À l’école ou en famille, les clichés sur chacun des sexes ont encore la vie dure. Aujourd’hui cependant, l’égalité des femmes et des hommes est un droit et un principe reconnu. Mais il reste de nombreuses traces de sexisme. Si, à la naissance, petite fille et petit garçon sont égaux, chacun d’eux modulera sa personnalité et ses comportements en se conformant au modèle que la société, dans laquelle ils vivent, a imaginé pour eux.

Femmes et hommes diffèrent sous certains aspects mais la culture en rajoute, et en rajoute même beaucoup ! Aucune étude sérieuse ne dit qu’une fille est plus coquette ou plus intéressée par l’horoscope parce qu’elle a le gène de la frivolité., ni qu’un garçon n’aime pas le rose, n’a peur de rien ou a envie de faire du karaté. La plupart des petites phrases que l’on prononce au détour d’une conversation (les filles sont bavardes, superficielles ou hypocrites ; les filles sont plus mûres que les garçons ; les garçons sont bagarreurs…) – ne se fondent que sur une expérience très subjective dans une culture donnée, et non sur une vérité scientifique. Beaucoup d’opinions et de comportements assez répandus sont dus à l’influence de la famille, de l’école, de l’histoire, des médias, de la publicité…

Et après tout, est-ce si grave ? Marquer les différences n’est pas forcément négatif. Sans aucune différence entre filles et garçons, la vie ne manquerait-elle pas de piment ? L’attention à ce phénomène est pourtant indispensable. Même si l’on admet que ces différences sont le résultat de l’environnement, il arrive très souvent que l’enfant réfléchisse et fasse ses choix à partir des préjugés dont il n’a pas conscience. Il s’agit d’être attentif pour que cette influence n’empêche pas l’épanouissement de la personnalité et des vrais désirs de l’enfant. Un enfant risque plus d’une fois de ne pas faire quelque chose dont il a très envie en pensant que « ce n’est pas pour les filles » ou « ce n’est pas pour les garçons ».

On notera également qu’il y une hiérarchisation des genres que les enfants intègrent très vite. Le genre dominant est masculin. Une fille aura accès aux jeux habituellement attribués aux garçons mais pas inversement (puisque que les jeux dits « de filles » ne sont pas valorisés).

Il ne s’agit pas d’éliminer tous les a priori ou les idées toutes faites sans réfléchir ni de demander aux enfants d’abandonner ce qui leur est couramment attribué, par exemple de demander aux filles de jeter leurs poupées à la poubelle :

« L’important est d’offrir à chaque fille, à chaque garçon des activités qui leur permettent de développer autant d’émotions, d’ambitions ou de passions que le cœur leur en dit. Chacun est une personne particulière qu’il faut prendre en considération, et non un être prédéfini qui doit se conformer à un modèle passe-partout. »

(Clara Mankowski, « Y a-t-il encore des préjugés sur les filles ? », Éditions de la Martinière, 2006)

 

En savoir plus

Le genre en Région de Bruxelles-Capitale. Un état des lieux en chiffres (2019) : brochure résultant d’un projet initié par le Service public régional de Bruxelles (SPRB) visant à identifier, collecter et partager des statistiques et indicateurs de genre pour la Région de Bruxelles-Capitale.

Pour une éducation à l’égalité des genres – Guide de survie en milieu sexiste  : publication des CEMÉA visant à déconstruire les grands mythes utilisés pour légitimer les inégalités entre les femmes et les hommes dans notre société.